Mise à jour du site le 16/05/2013

Brèves

La guerre du Dhofar : un exemple d’emploi de la puissance aérienne en contre-rébellion


Présentation du conflit

Le Dhofar est la région la plus à l’ouest du Sultanat d’Oman. Entre 1965 et 1976, elle fût le théâtre d’une rébellion contre le Sultan de l’époque, Saïd Bin Taymour.

Jusqu’en 1970, le Dhofar est une région isolée du reste du pays et une seule route permet d’y accéder. Si à l’époque, le Sultanat d’Oman est considéré comme l’un des pays les moins développés au monde, la situation dans cette région est encore pire. Le Sultan la considère comme son fief personnel et y exerce son pouvoir tel un seigneur féodal. À cet état de fait s’ajoute la personnalité même du Sultan, décrite comme austère et hostile à toute forme de modernité. Il refuse également d’engager toute forme de dépenses ; ainsi dans le Dhofar, il n’y a pas d’infrastructures médicales, pas d’eau courante, pas d’électricité et les habitants sont soumis à des taxes trois fois supérieures à celles imposées dans le reste du pays. Au-delà des particularités culturelles ou religieuses [1] de cette région, ces conditions sont donc hautement favorables à l’émergence d’une insurrection et d’une rébellion. Les premiers mouvements proto-insurrectionnels se forment à partir des années 1962 - 1963. En 1965, le Front de libération du Dhofar (FLD) parvient à fédérer la majorité de ces mouvements sous le slogan « le Dhofar pour les dhofaris » ; c’est le début de la rébellion. Ces revendications sont principalement d’ordre socio-économiques. Le manque de moyens dont disposent les Forces Armées du Sultan (commandées par des officiers britanniques) [2] ainsi que les directives répressives données par Saïd bin Taymour renforcent la légitimité et l’action du mouvement aux yeux de la population. En 1967 la rébellion prend un nouveau visage. Après le retrait britannique d’Aden, le Yémen du Sud devient la République Démocratique Populaire du Yémen et se rattache au bloc communiste. Le FLD importe donc peu à peu l’idéologie marxiste dans ses revendications d’autant que cela lui permet de recevoir l’appui des Soviétiques et des Chinois. Il change également son nom et devient le Front populaire de libération du golfe arabe occupé. Les enjeux inhérents au conflit prennent alors une dimension nouvelle : d’une échelle locale, le conflit passe à une échelle régionale. Aux changements de nom et d’idéologie s’ajoute un changement de finalité : l’éviction des monarchies du Golfe. De même, le conflit prend une dimension géostratégique avec la perspective de la prise de contrôle par le bloc communiste de l’une des façades du détroit d’Ormuz où transitent à l’époque plus de 70% du pétrole mondial. Les Britanniques, conscients de ces enjeux, choisissent d’intervenir directement dans la politique du Sultanat en organisant une révolution de palais destiné à destituer Saïd bin Taymour. Le 23 juin 1970, Qabus bin Saïd, appuyé par les Britanniques, renverse l’ancien Sultan, qui est aussi son père. Bien plus conscient que ce dernier des actions à entreprendre, Qabus permet de renverser la dynamique néfaste initialement engagée depuis le début de la rébellion. Ses réformes, tant aux niveaux militaires, sociaux, économiques et politiques, couplées à l’action du Special Air Service sur le terrain [3], permettent de venir peu à peu à bout de la rébellion. Le 11 décembre 1975, Qabus déclare la rébellion défaite et la guerre terminée [4], en faisant ainsi l’un des rares exemples de contre-rébellion réussie par des forces occidentales après la seconde guerre mondiale.

Le Dhofar et la troisième dimension

En comparaison du reste du Sultanat d’Oman, la géographie du Dhofar reste particulière et présente des caractéristiques agissant directement sur le déroulement des opérations et plus spécifiquement sur les opérations aériennes.

- La géographie La géographie physique du Dhofar se divise en trois ensembles : une plaine littorale, une chaîne montagneuse et le désert. Du mois de juin au mois de septembre, ces deux premiers ensembles subissent la mousson. La végétation y est dense, particulièrement dans les vallées. Quant aux montagnes, elles sont abruptes et certains sommets dépassent les 3 000 mètres d’altitude. La nature déjà particulièrement inaccessible de la région est accentuée par l’absence de routes et d’infrastructures viables. Ces facteurs nécessitent de disposer d’appareils pouvant atterrir et décoller sur des pistes courtes, peu, voire pas aménagées.

Piste dans le Dhofar

- Le climat Le Dhofar se prête donc peu à des opérations militaires conventionnelles en général et à des opérations aériennes en particulier. Notamment, la période de la mousson entrave fortement une exploitation efficace de la troisième dimension par les troupes loyalistes. Les températures dépassent régulièrement les 40°C ce qui pose des difficultés quant à l’entretien des appareils et les conditions de travail (il arrive que la température à l’intérieur du cockpit approche les 80°C). Les vents, parfois violents, peuvent entraver les manœuvres de décollage et d’atterrissage.

L’évolution capacitaire des Forces Aériennes du Sultan d’Oman : une priorité

À ce facteur géographique s’ajoute l’état des Forces aériennes du Sultan d’Oman sous le Sultan Saïd bin Taymour.

Percival Hunting Provost

Le sultanat commence à s’équiper en avions de combats à partir des années 1950, notamment pour combattre une révolte survenant dans le nord du pays. La Sultan of Oman’s Air Force (SOAF) est institutionnalisée en 1959. Elle est essentiellement composée d’appareils et de personnels (aviateurs et techniciens) britanniques (les militaires d’origine omanaise n’ayant alors pas un niveau de formation suffisant [5]). Cette composition est génératrice de frictions car en cas d’absence d’anglophone dans un groupe au sol, les appareils ne peuvent pas coordonner leurs actions avec ces derniers. De plus, elle demeure alors à un état quasi embryonnaire. En 1965, elle ne dispose que de quatre avions de transport De Havilland Canada Beaver. Bien que réputés fiables et appréciés des pilotes, ces appareils ne sont pas suffisants pour supporter la logistique des opérations. Les évacuations sanitaires sont longues à mettre en place, les blessés devant parfois attendre plusieurs heures pour être évacués et soignés... À Mascate (où se trouve le seul hôpital du pays), voire à Bahreïn ! Leur charge utile (953 kg, 6 personnes) et leur faible nombre empêchent également la mise en place de ponts aériens continus et donc, des opérations de longues durées dans la profondeur du territoire. Ils servent également aux missions de reconnaissance et surtout, à établir des cartes de la région (ce qui n’avait jamais été fait jusqu’alors). Quant à l’appui aérien rapproché, il n’est assuré que par cinq Percival Hunting Provost. Originellement conçus pour l’entrainement, leur capacité d’emport est limitée (120 kg de bombes et quatre roquettes [6]). La SOAF ne dispose, en outre, d’aucun hélicoptère. Cette dernière lacune est pointée du doigt par le brigadier Purdon et le colonel Thwaites qui déclarent qu’avec une dotation en hélicoptères, l’ennemi pourrait être facilement vaincu [7]. Durant cette période, les Britanniques, parlent de la SOAF en se référant aux « old flying club days ».

BAC Strikemaster

À partir de 1968, la situation commence à s’améliorer. Les Britanniques parviennent à convaincre le Sultan Taymour de se procurer des BAC 167 Strikemaster, un appareil d’attaque au sol récent que l’annuaire Jane’s de 1969 décrit déjà comme « particularly suitable for counter-insurgencies combat operations [8] ». Douze de ces appareils sont commandés. Leur performance et leur capacité d’emport (1 300 kg sur quatre points de charge) décuplent de fait la puissance de feu de la SOAF et sa capacité à assurer les missions d’appui rapproché qui peuvent s’effectuer dans des délais plus brefs (environ dix minutes pour atteindre Sarfait, l’un des points les plus éloignés de la région). Ce sera là la seule dépense de taille engagée par le Sultan qui, malgré le début de l’exploitation des ressources pétrolière de son pays, préfère conserver ses réserves. Ainsi, pour assurer le transport des premières équipes de SAS en opération à partir de 1968, les Britanniques doivent se contenter de Douglas C-47 à bout de souffle. L’arrivée de Qabus bin Saïd en 1970 permet enfin à la SOAF de se doter d’une panoplie complète et moderne d’appareils, notamment en matière de transport. Des Short Skyvan et des DHC-4 Caribous sont achetés en remplacement des C-47. Ces deux appareils ont chacun une capacité de charge d’environ quatre tonnes et peuvent transporter une vingtaine de passagers ce qui démultiplie la capacité logistique de la SOAF. Leur aptitude Short Take-Off and Landing (STOL) s’avère également utile pour exploiter les pistes de fortunes aménagées dans le djebel [9]. Outre les missions traditionnelles de transport de troupes et de matériels, ces avions assurent également le largage de tracts [10] et sont utilisés pour l’épandage de bidons incendiaires sur les champs exploités par les rebelles. Le nouveau Sultan se dote enfin d’une flotte d’hélicoptères achetés à l’Italie et aux États-Unis (Augusta-Bell AB-205, AB-206 et AB-212 et Bell UH-1).

Short Skyvan

Grâce à ces nouveaux équipements, les Britanniques et les loyalistes peuvent envisager la planification d’opérations de plus grande envergure dans le Dhofar et débuter la reconquête. Les nouveaux Skyvan permettent d’installer et de ravitailler des bases avancées dans le djebel. Les hélicoptères permettent quant à eux de faciliter la mobilité des soldats et, surtout, d’évacuer les blessés beaucoup plus rapidement (d’autant qu’une équipe de médecins militaires britannique s’est installée à Salaalah avec l’équipement nécessaire) [11].

Le déroulement des opérations Ainsi commence en octobre 1971 (après la mousson) l’opération Jaguar qui marque le début de la reconquête du djebel grâce à l’installation de deux bases permanentes d’où partent ensuite la plupart des opérations. Ces bases sont dotées de pistes permettant leur ravitaillement par air ; une nécessité qui avait été exprimée par un officier des Special air service (SAS) peu après le début des premières opérations dans le djebel [12]. Les opérations consistent en l’établissement de plusieurs lignes de défense censées être imperméables aux infiltrations ennemies et ainsi les isoler et les repousser peu à peu vers l’ouest. La mise en place de ces lignes, émaillées de plusieurs bases avancées, nécessite un important dispositif aérien pour le ravitaillement (notamment en eau) ou l’appui en cas d’attaque. La principale base aérienne se situe à Salaalah, la ville principale du Dhofar. Elle constitue le nœud de toutes les opérations de la guerre et tout transite par elle ; elle est le « poumon » du conflit. Sa position géographique centrale dans la région permet également une meilleure emprise sur le théâtre d’opération. Le commandement y a par ailleurs installé son Quartier Général. Les Strikemaster et les Skyvan y sont basés. Elle est régulièrement la cible d’attaques de type « hit and run » des rebelles et fait donc l’objet d’un dispositif défensif dense [13]. On remarque que les SAS et les pilotes de la SOAF partagent le même mess ce qui leur permet d’entretenir des relations étroites. Tony Jeapes, officier des SAS chargé de recruter et d’entrainer les anciens rebelles redevenus loyaux au Sultan, souligne à ce titre le respect et la confiance qui caractérisaient ces rapports [14]. Les Britanniques ne sont pas les seuls à fournir leur aide au Sultan d’Oman. Ce dernier, d’ailleurs soucieux de s’émanciper de la tutelle de la Couronne, fait appel aux Pakistanais et aux Jordaniens qui fournissent hommes et matériels (quelques hélicoptères pour les deuxièmes). Mais l’aide la plus significative (en dehors de celle du Royaume-Uni) vient de l’autre gardien du détroit d’Ormuz. Outre un envoi conséquent de troupes, le Shah d’Iran déploie également ses F-4 Phantom flambant neuf ainsi que des C-130 Hercules. Si la guerre du Dhofar est une occasion pour les deux souverains de renforcer leur collaboration (après la guerre et jusqu’en 1979, la protection de l’espace aérien du Sultanat d’Oman est assurée par l’Imperial Iranian Air Force), elle est aussi une opportunité pour l’Iran d’affirmer sa puissance dans la région.

Apport de la puissance aérienne dans la guerre du Dhofar

La guerre du Dhofar est un exemple parmi d’autres du rôle des forces aériennes dans la contre-rébellion. Le contraste entre le règne de Saïd bin Taymour et celui de Qabus bin Saïd agit comme un révélateur. Sans force aérienne digne de ce nom, difficile voire impossible de planifier des opérations de longue durée dans la profondeur du théâtre d’opération, d’autant plus lorsque celui-ci impose une géographie et un climat peu favorables. En effet, la puissance aérienne est l’un des principaux avantages que peut mettre en œuvre une armée conventionnelle dans ce type de conflit (rares sont les mouvements insurgés disposant d’une force aérienne). Ces avantages se révèlent à partir de 1968 et surtout à partir de 1970. Les Strikemaster permettent d’améliorer significativement l’appui aérien aux troupes et de les sortir de situations difficiles. Le 19 juillet 1972, tôt le matin, les rebelles lancent une offensive de grande envergure sur la ville de Mirbat où est stationné un groupe de SAS chargé d’entrainer les soldats loyalistes. Durant six heures, les neufs SAS contiennent les deux cent cinquante ennemis qui les encerclent. Du fait de la mousson, les SAS ne peuvent obtenir un appui aérien. Heureusement, alors que leur position commence à être débordée, le ciel se dégage légèrement et les Strikemaster et les hélicoptères transportant les renforts peuvent intervenir, faisant ainsi fuir les rebelles [15]. De même, la fonction transport s’est avérée essentielle. C’est bien à partir de 1971, au moment de l’entrée en service des Skyvan, que peuvent être conduites les premières opérations militaires importantes dans le Dhofar. La charge utile, la capacité STOL et la possibilité de l’employer sur des pistes rudimentaires ont fait de cet appareil le véritable cheval de trait des forces loyalistes durant la guerre. Quant aux hélicoptères, outre les possibilités de manœuvre qu’ils offrent aux troupes, la possibilité d’assurer des évacuations sanitaires dans des délais brefs a certes permis de diminuer les pertes mais surtout d’améliorer considérablement le moral des soldats partant en mission dans le djebel.

Conclusion

Les forces aériennes lors de la guerre du Dhofar ont constitué un atout majeur d’autant que les rebelles étaient peu équipés et entrainés à la lutte anti-aérienne. Bien qu’ils reçoivent des lances missiles portables SAM-7 à partir de 1975, cette dotation arrive trop tardivement pour avoir un réel impact sur les opérations. Sur l’aspect aérien comme sur bien d’autres, la guerre du Dhofar apparaît comme un modèle de contre rébellion. Si ses enseignements au niveau stratégique ne sont pas transposables aux opérations en cours en Afghanistan, ses enseignements tactiques sont riches, notamment sur le volet aérien. Celui-ci est indispensable à la conduite d’une opération de contre-insurrection. La supériorité aérienne permet d’améliorer la mobilité des troupes et de leur fournir un soutien constant en cas d’accrochage violent. Ce soutien n’est pas seulement tactique, il est également moral ; la supériorité aérienne représente une sécurité pour les troupes au sol. De plus, la guerre du Dhofar a démontré la nécessité d’une coordination poussée entre fantassins et aviateurs. Cette coordination passe par une série de procédures spécifiques mais également par un respect et une confiance mutuels.

M. Tony MORIN Stagiaire au Centre d’études stratégiques aérospatiales

Bibiographie :

Tony Jeapes, SAS Secret War, Operation Storm in the Middle East, Londres, Greenhill Books, 1996.

Webographie :

BritainSmallWars, Flying in Oman BritainSmallWars, Dhofar Contract Pilot ACIG.org, Oman and Dhofar Lieutenant Colonel John McKeown, Britain and Oman : the Dhofar war and its significance, King’s College, 1981.

[1] Par exemple, la population est de confession sunnite alors que le reste du pays est ibadite (une branche particulière et moins connue de l’Islam). Elle ne parle pas non plus la même langue etc.

[2] Lors des premières années du conflit, les insurgés disposent d’un armement de meilleure qualité que celui des troupes régulières.

[3] Qui intègre habilement actions militaires et civiles.

[4] Bien que quelques escarmouches surviennent encore quelques années après.

[5] Cette incapacité est voulue par le Sultan Saïd bin Taymur, qui interdit à ses soldats de dépasser le grade de lieutenant par crainte de coup d’Etat. De plus et de manière plus générale, il n’y a pas alors à Oman d’établissement dispensant un enseignement au-delà du primaire.

[6] En réalité six mais cela entrave leur maniabilité ; elle est donc bridée.

[7] Lieutenant-colonel John McKeown, Britain and Oman : the Dhofar war and its significance, 1981, p. 45. Même si, comme le fait remarquer l’auteur, l’affirmation est à relativiser, elle traduit bien le besoin exprimé par les deux officiers, instruits de l’expérience malaisienne.

[8] Notamment du fait de son cockpit configuré en binôme et muni d’une verrière large et de sa vitesse de décrochage basse (158 km/h).

[9] On note également que les Skyvan, malgré leur taille plus importante, peuvent exploiter les mêmes pistes que les Provost, sans réaménagement particulier.

[10] Voir Annexe : tract de la propagande loyaliste en 1971.

[11] La première évacuation médicale en hélicoptère a lieu le 24 avril 1971.

[12] Tony Jeapes, SAS Secret War, Operation Storm in the Middle East, Londres, Greenhill Books, 1996, p. 98. Preuve de la résonnance que connaît ce conflit aujourd’hui, cet ouvrage est cité en bibliographie « The classics » du célèbre manuel de contre-insurrection américain FM 3-24.

[13] La base est entourée d’une multitude de petites positions défensives appelées Hedgehogs. L’opération de défense de la base se nomme Cracker Battery. Ces défenses sont assurées par les Forces Armées du Sultan encadrées par des officiers britanniques, notamment des artilleurs. Il est intéressant de noter que les bases aériennes en Afghanistan font l’objet d’attaques de même type. En revanche, la protection des bases aériennes a évolué ; elle est désormais confiée à des aviateurs, ce qui permet d’intégrer la puissance aérienne dans le dispositif de défense des bases aériennes.

[14] Tony Jeapes, Op. cit., p. 98. Evidemment, le nombre réduit de forces engagées, de la même nationalité, dans ce conflit a facilité ces relations.

[15] Durant cet affrontement, deux SAS et quatre vingt rebelles ont été tués. Une situation similaire a eu lieu en Afghanistan avec l’assaut sur le Cop Keating. Alors que cet avant-poste américain était pris sous le feu ennemi, l’intervention rapide et massive de la puissance aérienne a permis le sauvetage des soldats américains.



























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