Mise à jour du site le 23/04/2014

Lettre du CESA

Mauritanie 1977 : Lamantin, une intervention extérieure à dominante air


Mauritanie 1977 : Lamantin, une intervention extérieure à dominante air, Revue historique des armées, janvier 1992

Par le général Michel FORGET

Téléchargez l’intégralité de l’article

Dans cet article, le général Forget revient sur le déroulement de l’opération Lamantin, qu’il a conduite en Mauritanie à la fin de l’année 1977.

Cet engagement s’inscrit dans un contexte diplomatique et géopolitique sensible, qui fait suite à la décolonisation du Sahara occidental. Au lendemain des « Accords de Madrid », qui conduisent au retrait des troupes espagnoles et à la création d’une administration intérimaire Maroc-Mauritanie, le mouvement insurrectionnel Polisario (Front POur la LIberation de la SAghiet el Amra et du RIO de Oro), tente de déstabiliser le pays en attaquant, en particulier, la voie ferrée Zouérate-Nouadhibou. Cette artère centrale sert de voie d’évacuation du minerai de fer, principale ressource économique de la région et constitue donc un enjeu stratégique.

Face aux conséquences économiques de ces attaques, la Mauritanie sollicite très vite la France qui décide d’intervenir pour contenir les tensions et amener une solution politique. L’engagement interarmées à dominante aérienne prend le nom d’opération Lamantin et se donne pour objectif de dissuader le Polisario de mener ses raids. Les forces nationales sont composées d’un dispositif de 350 hommes et de moins de dix appareils Jaguar, Transall, Breguet Atlantic. Elles font cependant preuve d’une redoutable efficacité grâce à des actions « coup-de-poing », qui consistent principalement à frapper les colonnes de rebelles par des d’attaque d’avions Jaguar. Ces actions aériennes parviennent à restaurer les conditions nécessaires à la stabilisation de la région.

Le général Forget tire deux principaux enseignements de cette opération. D’abord, pour être efficaces, les actions aériennes « coup-de-poing » doivent pouvoir être menées avec un certain degré de liberté par le chef militaire. Il doit être en mesure de s’engager « à coup sûr » et au moment le plus opportun afin d’éviter que, au moindre aléa, le succès tactique ne se transforme en échec politique. Ensuite, pour la première fois depuis longtemps, des forces de combat modernes ont su se rendre disponibles, se déployer à plusieurs milliers de kilomètres de leurs bases et agir sur un large théâtre d’opérations, sans rencontrer de problèmes majeurs. Celles-ci ont ainsi fait preuve d’une grande mobilité stratégique qui a permis de les imposer dans la conduite de la politique d’action extérieure française.

L’opération « Lamentin », au-delà de son succès militaire, a marqué un tournant dans la stratégie des armées françaises. Ce passionnant article vous fera découvrir plus avant les détails de ces opérations.

Sergent-chef Fanny Coffin

Téléchargez l’intégralité de l’article



























Plan du site | Annuaire défense | Liens défense Retour en haut de page
Copyright Ministère de la Défense 2005 / Mentions Légales