Mise à jour du site le 23/04/2014

Ateliers du CESA

Colloque international - 1er décembre 2009 - « Le fait aérien en Afghanistan »


Colloque du mardi 1er décembre 2009 « Le fait aérien en Afghanistan »

Depuis huit ans, la communauté internationale conduit des opérations en Afghanistan. Sur le plan national, l’engagement devient significatif le 23 octobre 2001 quand les Mirage IV de l’armée de l’air effectuent leurs premières reconnaissances stratégiques. Elles interviennent peu de jours après les frappes aériennes qui ont initié la chute du régime Taliban.

Quelques semaines plus tard, les accords de Bonn du 5 décembre et la résolution 1383 des Nations Unies du 6 décembre lançaient le processus de rétablissement des institutions étatiques en installant une Autorité intérimaire. Deux jours après, le premier avion Transall se posait au cœur du théâtre.

Le 20 décembre 2001, la résolution 1386 créait la force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS ou ISAF en anglais). En février 2002, le dispositif aérien français prenait corps avec l’installation de Mirage 2000D au Kirghizstan et par le biais du groupe aéronaval dont l’appareillage vers l’Océan indien avait été effectué le 1er décembre. En 2003, l’Alliance se voyait confier la responsabilité de l’ISAF et, depuis, l’aérien s’est installé au cœur de l’action militaire et civile de la communauté internationale et des services afghans. En effet, au delà des opérations militaires quotidiennes, il se traduit aussi par la sécurisation de l’espace aérien, indispensable à la vie politique et économique du pays et à l’approvisionnement stratégique du théâtre.

C’est donc tout naturellement que le Centre d’Etudes Stratégiques Aérospatiales a souhaité engager une réflexion sur la place de l’aérien dans l’approche globale de la crise afghane. L’objectif était d’identifier les meilleures voies de progrès pour que, sur la base du retour d’expérience, l’action aérienne, dans toutes ses dimensions, concoure le plus opportunément possible à la dynamique d’ensemble. Il a donc organisé, le mardi 1er décembre 2009 à l’Ecole militaire, un colloque international sur le thème : « Le fait aérien en Afghanistan ». Cette journée fut l’occasion de croiser les expériences et les analyses de nombreux acteurs civils et militaires experts de la question afghane.

C’est le général d’armée Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées qui a ouvert les débats.

Le général d’armée Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées - 22.6 ko

Le général d’armée Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées

Intervention du général d’armée Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées.

L’engagement en Afghanistan « affecte profondément nos armées ». Partant de ce constat, le général Georgelin a souhaité partager, avec les participants au colloque, quelques réflexions personnelles avant qu’ils entament leurs débats. Il est parti du postulat selon lequel, aujourd’hui, « le type d’adversaire, la nature du théâtre, la sociologie de la population, la violence à maîtriser imposent une modification de nos approches tactiques et stratégiques beaucoup plus conséquente que celle qu’avaient produite les opérations en Irak, en Bosnie ou au Kosovo ». Le chef d’état-major des armées a tout d’abord posé le cadre des opérations en rappelant que la stratégie définie au sommet de Bucarest en avril 2008 était toujours d’actualité, et ce indépendamment des conclusions du rapport Mac Chrystal. Cette stratégie a pour objectif de « transférer la responsabilité de la sécurité au gouvernement afghan sur une base assainie » Dans cette optique, le général Georgelin a précisé que, pour les forces de la coalition, « il ne s’agit pas de vaincre (...) mais d’obtenir un succès ». L’engagement en Afghanistan s’accompagne de plusieurs effets quant à l’emploi des forces françaises, en général, et des forces aériennes, en particulier. L’un d’entre eux est le besoin d’une plus grande coopération entre les différentes capacités militaires, d’une part, et les capacités civilo-militaires, d’autre part. Le CEMA a ajouté que cette complémentarité devait être entretenue grâce au retour d’expérience et qu’elle devait se traduire dans la préparation opérationnelle et l’entraînement interarmées. L’engagement en Afghanistan requiert aussi de faire évoluer les équipements des soldats français pour qu’ils disposent d’outils adaptés à la conduite de leurs missions. Dans le domaine aérien, l’émergence des drones en est un bon exemple, ces derniers répondant à une forte attente des forces en matière de renseignement et de surveillance. Toutefois, le général Georgelin a insisté sur le fait qu’ « il serait dangereux de vouloir construire un outil militaire sur la situation du moment en prenant le risque de ne pas être en mesure de répondre aux défis futurs » car « les armées sont avant tout un outil qui permet à la nation de réagir face à l’impensable ».

Le CEMA a conclu sur l’importance du facteur humain en indiquant que l’engagement français sur le théâtre afghan nous rappelait que chaque soldat doit accepter les aléas de la guerre et être prêt à la mort au combat au nom de la Nation.

Intervention de Madame Françoise Hostalier, députée du Nord et vice-présidente du groupe d’amitié France-Afghanistan.

Forte de son expérience personnelle dans un pays qu’elle fréquente régulièrement, Françoise Hostalier a évoqué la complexité de la situation afghane. Pour elle, il existe un malentendu entre Occidentaux et Afghans. Les premiers tentent d’imposer aux seconds des normes étatiques qui ne correspondent pas à leurs attentes et qui entrent en rupture avec une riche histoire dont les Afghans doivent être fiers.

Au cours de ses séjours en Afghanistan, Françoise Hostalier a perçu une affection réelle des Afghans pour les Français. Toutefois, l’action des Occidentaux dans ce pays a dégradé cette relation et le contingent français est assimilé, comme le reste de la coalition, à une force d’occupation. Pour parvenir à une amélioration sensible de la situation dans le pays, il faudra nécessairement poser des objectifs clairs et redonner confiance à la population. Dans ce contexte, le fait aérien peut jouer un rôle majeur dans le recueil de renseignement et dans la mobilité et l’appui des forces terrestres.

Madame Françoise Hostalier, députée du Nord - 18.8 ko

Madame Françoise Hostalier, députée du Nord

1ère Table ronde : Le fait aérien à l’aune du contexte général.

Ce panel avait pour objectif de replacer l’action aérienne dans le contexte des efforts entrepris pour la mise en œuvre du processus de Bonn, et de montrer en quoi la logique d’emploi des moyens a subi, du fait du contexte général, une évolution significative par rapport aux années 90.

Cette table ronde, modérée par le journaliste Ulysse Gosset qui a été correspondant pour France Télévisions à Washington et à Moscou, a réuni des intervenants particulièrement experts et légitimes pour aborder les questions soulevées. Ils ont répondu de manière très concrète en adoptant une démarche d’approche globale.

Modérateur : Monsieur Ulysse Gosset, journaliste à France Télévisions.

Ulysse Gosset a souligné la pertinence de ce colloque qui arrive à un moment clef de l’actualité internationale, peu de temps après les élections afghanes, le lendemain de la déclaration du Président de la République français aux Invalides et le jour même de celle du Président américain à West Point, quelques semaines à peine avant le sommet de Londres. Pour le journaliste, avant de parler concrètement de l’action aérienne, il faut replacer le fait aérien dans un contexte afghan complexe, à l’heure où la communauté internationale tente de définir sa stratégie en Afghanistan.

Intervention, en qualité d’invité d’honneur, de Son Excellence Monsieur Omar Samad, Ambassadeur de la République Islamique d’Afghanistan en France.

Monsieur Omar Samad a salué l’opportunité d’une telle journée de débats en se félicitant de la participation massive et variée des représentants civils et militaires français mais aussi étrangers. Après avoir admis que les forces afghanes manquent encore de moyens, aussi bien humains que financiers ou matériels, le diplomate afghan a annoncé que le recrutement et la formation dans ces domaines étaient une priorité nationale même si la tâche se révèle difficile. Pour lui, dans le processus de reconstruction, trois éléments apparaissent comme ayant des rôles clefs : le renforcement de la confiance entre le peuple afghan et ses institutions sur les plans politique, social, juridique et économique ; la lutte contre la pauvreté et pour le développement de l’emploi, notamment par la création de partenariats public-privé ; et enfin, le dialogue et les échanges avec les responsables locaux pour lutter efficacement contre l’instabilité de certaines régions et ce avec l’aide internationale. L’ambassadeur d’Afghanistan a ensuite évoqué la question d’une stratégie de sortie du conflit en demandant à ce que soit accélérée « l’afghanisation » de la sécurité. Cette « afghanisation » passe aussi par une force aérienne efficace, principalement du fait de la géographie complexe du pays. Monsieur Omar Samad a conclu ses propos en énonçant que « l’objectif d’une force aérienne afghane (...) est d’offrir la capacité requise pour la défense de son pays et de son peuple ainsi que de servir les intérêts nationaux en étant un véhicule de proximité, d’unité, de développement (et) de secours (...) » avant d’ajouter que « sans un engagement international, nous ne pourrons pas atteindre nos buts ».

Intervention de Monsieur Gérard Chaliand, géopolitologue et spécialiste des conflits armés.

Pour Gérard Chaliand, l’Afghanistan est une « victime collatérale » de la guerre en Irak. Selon lui, les Américains se sont focalisés sur le conflit irakien, positionnant l’Afghanistan comme un théâtre secondaire qu’ils ont négligé. Ce fut une grave erreur qui a permis que le pays devienne un véritable sanctuaire pour les Talibans. Gérard Chaliand relève plusieurs difficultés essentielles dans ce conflit. D’une part, la conception occidentale de la guerre, séduite par l’option « zéro mort », est en totale contradiction avec la conception des Talibans djihadistes. D’autre part, la corruption a gangrené tous les niveaux de la société afghane et la lutte pour l’éradiquer se révèle difficile, créant un sentiment d’abandon chez les populations. Après avoir annoncé qu’il trouvait le rapport Mac Chrystal « remarquable », le politologue a rappelé l’importance d’assurer la formation de l’armée afghane avant d’ajouter que la formation doit être la priorité car « aucune armée ne peut prétendre, sur la durée, se battre pour la liberté d’un autre peuple ; il faut donc passer le relais, (...), il va falloir envisager le départ ».

La 1ère table ronde - 29.4 ko

La 1ère table ronde

Intervention de Monsieur Etienne Gille, président de l’association humanitaire AFRANE - Amitié Franco-Afghane.

« Avant le cogito il y a bonjour », c’est par ces mots du philosophe Emmanuel Levinas qu’Etienne Gille commence son intervention, fondée sur son expérience de l’Afghanistan et de son peuple, au travers de l’action menée au sein de l’association AFRANE. Il a particulièrement insisté sur la question des relations humaines entre tout étranger se rendant dans ce pays et les Afghans. Cet étranger peut avoir deux statuts possibles : celui d’invité respectant la souveraineté et les coutumes et celui d’envahisseur faisant ce qu’il décide sans tenir compte du peuple. Initialement considérées comme invitées, les forces occidentales suscitent peu à peu méfiance et crainte chez la population afghane. Etienne Gille a aussi rappelé toute la complexité de l’Afghanistan, pays dans lequel plusieurs ethnies cohabitent et où de ce fait, les rivalités internes sont importantes et difficiles à comprendre et maîtriser. Pour lui, il est évident que, si la présence occidentale est encore nécessaire, il va quand même « falloir penser à dire au revoir ».

Intervention de Monsieur Alain Boinet, Directeur général - fondateur de l’Association SOLIDARITES.

Alain Boinet a rappelé la très grande pauvreté de l’Afghanistan. Ce pays est un pays musulman, cloisonné, très rural (75% des Afghans vivent à la campagne) avec une société civile puissante, présentant une mosaïque ethnique variée. Ces éléments rendent la présence occidentale « limitée » et difficile. Il faut donc œuvrer pour la réconciliation du peuple (communistes, islamistes, pro-occidentaux) et lui redonner confiance en l’avenir. Pour lui, certaines incohérences existent dans l’élaboration de l’action internationale : « on dit qu’il n’existe pas de solution militaire à ce conflit or on y envoie toujours plus de militaires. Peut-être faut-il rechercher une solution politique ? » Par ailleurs, le fait qu’il n’existe pas de stratégie claire n’est pas pour favoriser cette réconciliation. Alain Boinet affirme que la solution réside dans une gouvernance acceptable pour le peuple afghan, en plaçant celui-ci au cœur de la réflexion. « Nous sommes là-bas pour eux, et ce sont eux qui ont la clef du problème »

Le général Mohammad Dawran, Son Excellence Omar Samad, Ambassadeur d’Afghanistan en France et Monsieur Ulysse Gosset.

Intervention du général Mohammad Dawran, commandant les forces aériennes afghanes.

Pour le général Mohammad Dawran, plusieurs problèmes sont à résoudre. Mais la formation et l’entraînement de l’armée afghane figurent en tête de liste. Ils sont à ce stade insuffisants mais, selon lui, cette carence est surtout due au manque d’organisation. Sur le plan aérien, le chef d’état-major de l’armée de l’air afghane a appelé à une plus grande coopération entre les armées de l’air occidentales et l’armée de l’air afghane.

Pour le général, les Talibans ne sont pas des groupes si puissants que ça. La meilleure preuve est qu’ils évitent les affrontements directs. Par conséquent, un dispositif militaire composé de petits groupes de forces terrestres soutenus par les forces aériennes, la composante hélicoptères en particulier, peut permettre de les affronter efficacement.

Le commandant les forces aériennes afghanes a aussi déclaré qu’il serait souhaitable de faire participer les membres des forces afghanes aux ciblages (targeting) des objectifs et qu’il fallait une stratégie commune entre les forces occidentales et afghanes et plus de coordination entre elles. Il a terminé en rappelant l’importance du peuple afghan dans le conflit. Il faut regagner sa confiance, résoudre les problèmes internes tout en respectant la culture et les traditions afghanes.

Intervention du brigadier général Walter D. Givhan, USAF, ancien commandant allié chargé de la formation des forces aériennes afghanes.

Le général Walter D. Givhan a précisé l’objectif de la mission qui lui avait été confiée : contribuer à la sécurité du pays avec une force aérienne afghane indépendante, sans en faire une copie de la force aérienne américaine. Pour atteindre cet objectif, il faut qu’il y ait un véritable échange entre la coalition et les Afghans et la priorité doit être donnée au recrutement d’officiers et de sous officiers ainsi qu’à la mise à disposition de moyens suffisants pour pouvoir se battre le mieux efficacement possible.

Les forces afghanes se doivent d’être mobiles pour faire face aux dimensions considérables du théâtre et à l’impossibilité de se mouvoir sur des routes rares et incertaines. A ce titre, elles ont aussi besoin d’un réseau de bases aériennes solide et d’avions performants.

Le général Givhan a confirmé les propos du général Dawran concernant la formation et l’entraînement et a avoué que ces derniers ont été mis en place tardivement, au début de l’année 2007. Si de grands progrès ont été faits depuis, il reste encore du travail. Il faut, pour cela, procéder avec ordre, en commençant par intégrer les forces aériennes afghanes (ANAAC) aux opérations de l’armée nationale afghane (ANA) puis aux opérations aériennes interalliées. Il a confirmé que des opérations interarmées afghanes avaient déjà eu lieu, les hélicoptères appuyant l’action terrestre de l’ANA.

2ème Table ronde : Déclinaisons du fait aérien en Afghanistan

La seconde table ronde a été l’occasion de présenter des retours d’expérience (RETEX) opérationnels en matière de fait aérien. Modérée par le député Jean-Claude Viollet, rapporteur du budget Air à l’Assemblée nationale et co-rédacteur d’un rapport sur les drones, elle a été introduite par deux officiers généraux, français et américain, particulièrement experts sur l’emploi de l’armée aérienne dans un contexte interarmées et international à des fins sécuritaires et de développement économique.

Elle a ensuite accueilli des officiers de l’armée de l’air française représentatifs des principaux domaines d’action aériens et ayant participé à l’engagement de l’Alliance en Asie centrale.

Modérateur : Monsieur Jean-Claude Viollet, député, membre de la commission de la Défense nationale et des forces armées.

L’armée de l’air française est une armée de premier rang. Pour qu’elle le reste, il est nécessaire d’acquérir un dispositif aérien de haute technologie, car les théâtres d’opérations sont caractérisés par une grande complexité. A ce titre, la sortie imminente du rapport parlementaire sur les drones (piloté par les députés Jean-Claude Viollet et Yves Vandewalle) met le doigt sur le risque de rupture de la capacité intérimaire de drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) qui, pour être évitée, suppose une décision politique à très court terme. Pour la France et l’Europe, ce secteur technologique ne doit pas être abandonné car il représente un facteur d’indépendance stratégique. Par ailleurs, la politique française d’équipement n’a de sens que si elle s’accompagne d’une politique en ressources humaines adaptée. L’efficacité de l’armée de l’air est avant tout liée à la richesse de ses hommes et de ses femmes.

Intervention du général de corps aérien Gilles Desclaux, commandant la défense aérienne et les opérations aériennes.

Le général Gilles Desclaux a débuté son allocution en soulignant que la crise afghane entrait déjà dans sa neuvième année et qu’elle était passée par plusieurs phases successives. Après l’intervention américaine, lancée au lendemain du 11 septembre 2001, elle s’est poursuivie par une tentative de stabilisation du pays par l’ONU et l’OTAN, pour conduire, aujourd’hui, à une situation toujours incertaine qui s’apparente à un conflit de type contre insurrectionnel.

Selon le général, « au cours de ces différentes phases, l’arme aérienne a tenu un rôle majeur dans la gestion de la crise, dans des registres très variés, en fonction de l’intensité des actions menées et des effets stratégiques recherchés ». Le rôle de l’arme aérienne a évolué progressivement vers des fonctions d’appui, nécessaires à la manœuvre de sécurisation et de stabilisation du pays. Mais aujourd’hui, il faut entrer dans une nouvelle phase. Et le général Desclaux de citer le Général Richard Dannat, ancien chef d’état-major de la Royal Army : « après avoir enfoncé la porte, il faut savoir gagner les cœurs ».

Commentant le rôle de la puissance aérienne, le commandant du CDAOA a indiqué qu’elle permet d’intervenir et de projeter les forces à plus de 5500 km dans une situation géographique difficile et dangereuse. Par ailleurs, elle se présente comme un multiplicateur de forces qui permet à la coalition de couvrir un espace plus vaste avec moins de forces et qui fait peser sur l’adversaire une pression physique et psychologique forte, l’empêchant de se regrouper et de mener des actions d’envergure. Ainsi, les apports de l’arme aérienne sont nombreux : la mobilité et l’allonge sont déterminantes pour déployer les moyens de la coalition vers le théâtre d’opérations, et pour assurer, dans la durée, le soutien logistique ; de même, l’aérolargage offre un excellent compromis entre charge livrée et conditions de sécurité pour ravitailler les positions les plus isolées ; enfin, la rapidité d’intervention est un atout supplémentaire qui permet de délivrer une puissance de feu afin d’appuyer ou de protéger les troupes terrestres. Dans ce contexte, le général Desclaux a souligné que face à un adversaire rustique et par le biais de tirs de destruction, de semonce, ou de démonstration de force, l’action de l’arme aérienne constitue une réponse dissymétrique efficace.

Le général Desclaux a affirmé que le fait aérien est un facteur vital de portée stratégique et politique qui renforce les liens interalliés. Dans ce contexte, les systèmes de drones associés à la Full Motion Video sont devenus essentiels car ils permettent de surveiller et ainsi renseigner les forces dans les actions présentes et futures. D’ailleurs, les drones constituent les sources d’informations privilégiées des poseurs d’engins explosifs improvisés (IED, Improvised explosif device).

En conclusion, le général Desclaux a affirmé que : « L’arme aérienne en général, et l’armée de l’air française, en particulier, en effectuant plus de 10% des missions d’appui feu de l’Alliance, apportent une contribution indispensable à la gestion de la crise afghane. Ce conflit nous conduit à revisiter les préceptes de la lutte contre insurrectionnelle et à adapter en permanence nos moyens et nos modes d’action ».

Intervention en qualité d’invité d’honneur du major general Douglas L. Raaberg, USAF, ancien commandant en second de la composante aérienne ISAF-OEF pour l’Afghanistan (DCFACC).

Le major general Raaberg a porté sa réflexion sur les moyens et les actions à mener pour sécuriser le théâtre afghan. A ce titre, il a remarqué que de multiples campagnes militaires et aériennes ont été conduites, mais qu’elles ne suffisent pas. Le major general a relevé que l’effort doit désormais porter sur le développement économique. Ainsi, il s’agit de permettre l’évolution des mentalités et d’aider la prochaine génération à préparer l’avenir. Cette nécessité s’avère toutefois difficile à mettre en oeuvre dans la mesure où, en Afghanistan, différentes idéologies et conceptions politiques s’opposent.

Le major general Raaberg a ensuite fait référence au general Stanley A. Mc Chrystal, commandant en chef des forces de la coalition en Afghanistan, qui défend l’idée d’une stratégie de contre insurrection. L’objectif recherché est le renforcement de la présence internationale sur le théâtre d’opérations, et notamment l’apport de plus de 60 000 hommes [la nuit suivante, le président Obama a présenté la nouvelle stratégie américaine et a opté pour un déploiement de 30 000 soldats américains supplémentaires et de 10 000 Alliés]. Il a convenu que cette action devait s’inscrire dans un engagement de longue durée qui doit chercher à gagner les cœurs et les esprits dans les régions et les villages où les Talibans sont présents. Pour cela, tous les facteurs de progrès doivent être pris en considération, aux niveaux international, national, économique, politique, de l’éducation, etc. Dans ce contexte, l’Air Power représente une clé de réussite qui participe aux différentes formes de coopération et catalyse, par conséquent, la dynamique internationale.

Intervention du commissaire-capitaine Brouard, ancien Legal advisor auprès du commandant des éléments air français pour l’Afghanistan.

Le capitaine commissaire Brouard a commencé son intervention en présentant les conditions d’engagement des forces en Afghanistan. La force internationale d’assistance de sécurité (FIAS - ISAF) est présente dans ce conflit en vertu d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, résolution qui prévoit que l’utilisation de la force militaire est possible en dehors des cas de légitime défense.

En outre, la crise afghane ne correspond à aucun autre conflit et, par conséquent, le droit applicable ne bénéficie par de jurisprudence et est difficile à déterminer. En effet, il ne s’agit ni d’un cas de désordre intérieur, ni d’un conflit international de haute intensité. Dans ces conditions, c’est au « droit humanitaire coutumier » de s’appliquer en respectant quatre principes fondamentaux : la distinction entre civils et militaires, la nécessité, la proportionnalité et l’humanité.

Une fois le cadre légal de l’action défini, le capitaine commissaire Brouard a précisé quel était le rôle d’un conseiller juridique (legal advisor - legad) auprès des forces aériennes. Etant donné la rapidité avec laquelle doivent être prises les décisions concernant les frappes qui s’effectuent sur demande alors que l’avion est déjà en l’air, le legad ne peut intervenir qu’en amont (sur les hypothèses d’engagement) ou en aval (dans le cadre du RETEX) de ces opérations et pas dans leur conduite. Aussi, sa mission consiste-t-elle à préparer les pilotes, à leur expliquer les différents cas de figures et les solutions qui s’offrent à eux, et à enfin définir le vocabulaire précis à utiliser. « Il doit garantir que l’action aérienne se fait dans un cadre juridique précis ».

Intervention du colonel Cyril Carcy, ancien chef de détachement SIDM Harfang à Bagram.

Le colonel Carcy a présenté la plus-value d’un drone de type MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance). Fort de son expérience de premier chef de détachement du système Harfang, acquise en Afghanistan au premier semestre 2009, il a rappelé les grandes caractéristiques opérationnelles du système intérimaire de drone MALE (SIDM) qui atteignait les 1 500 heures de vol accumulées au cours de 150 sorties.

Le colonel Carcy a souligné la robustesse du système et mis en lumière deux atouts technologiques majeurs : la SATCOM et le système de décollage et d’atterrissage automatique. Ainsi, la liaison de communications satellitaires SATCOM a contribué à maintenir le contact à grande distance avec le drone (plusieurs centaines de kilomètres) et à garantir la transmission des informations en temps réel (jusqu’en métropole). Par ailleurs, le dispositif de décollage automatique, qui fonctionne sur la base d’un différentiel GPS, permet de décoller et d’atterrir dans des conditions météorologiques extrêmes (quelques mètres de visibilité). Sur le plan des missions, le système Harfang a réalisé 52 % de ses sorties au profit des Task Forces de la coalition en opérant dans la région Nord-Est de l’Afghanistan. Les autres sorties ont été conduites dans le cadre de l’appui des forces françaises présentes en Kapisa et Surobi. L’emploi du Harfang s’est principalement concentré sur la surveillance et la protection.

Le colonel Carcy a évoqué le besoin de transmission d’informations de type vidéo, tant aux centres de commandement qu’aux troupes au sol. Il a souligné que pour être efficace dans cette diffusion en temps réel, un système de drones doit être totalement intégré aux réseaux de communication du théâtre. Pour cela, le personnel du détachement qu’il a commandé a été obligé de déployer des talents d’ingéniosité pour communiquer avec les réseaux américains. Le colonel a affirmé qu’en l’absence de dispositif ROVER (il sera intégré au Harfang à la fin du mois de décembre 2009), les opérateurs de l’escadron ont proposé aux JTAC, chargés de la coordination entre les moyens aériens et terrestres, de se rendre à Bagram pour accorder les actions depuis la station sol du drone. Cette prestation « sur mesure » a été particulièrement appréciée par les forces spéciales, qui ont mesuré la grande flexibilité du système. Par exemple, confrontées à de très fréquents changements de missions, elles ont pu réorienter, au tout dernier moment, l’emploi du drone en coordination étroite avec les opérateurs. C’est dans ce cadre que l’escadron de drones Adour a participé à des missions de Dynamic Targeting.

Le colonel Carcy a conclu son intervention en reconnaissant les grandes capacités de la plateforme Harfang, sa fiabilité et la qualité de sa transmission de données. Il a aussi mis en exergue les trois atouts majeurs offerts par ce type de système sont : la permanence ; la transmission en temps réel de l’information indispensable face à un ennemi particulièrement aguerri et fugace ; et la complémentarité des capteurs qui a contribué à élargir les zones de surveillance et à développer des concepts originaux et efficaces. Selon le colonel Carcy, la France fait partie des rares nations capables de développer un système de drones de longue endurance et de l’intégrer dans un réseau moderne.

Intervention du lieutenant-colonel Jean Paul Besse, ancien chef de détachement Chasse à Kandahar.

Le lieutenant-colonel Besse a traité des questions relatives à l’appui aérien aux forces terrestres. En la matière, le conflit afghan présente certaines particularités. En effet, la menace est polymorphe et éphémère. De ce fait, cette dernière est principalement attachée à l’événement et le facteur temps devient déterminant dans l’action opérationnelle. L’ancien chef de détachement Chasse à Kandahar a indiqué que, dans ces conditions, notre réponse militaire doit pouvoir s’adapter à une évolution permanente de la situation. Ainsi, entre la localisation et le moment du tir, les conditions d’engagement peuvent changer extrêmement rapidement. Notre réponse doit donc être dissymétrique et nécessite l’application d’effets décisifs, limités dans le temps, à faible empreinte géographique, discriminés, modulables et à haut potentiel de visibilité. Dans cette logique, chaque maillon a son importance.

Le lieutenant-colonel Besse a indiqué que l’espace de bataille est dynamique dans la mesure où les lignes d’opérations sont diluées. Dans ce contexte, il a fait remarquer que le drone, par sa permanence sur zone, favorise la classification des informations et l’évaluation d’une situation d’ensemble.

Il a présenté une nouvelle forme de cycle informationnel, adapté au contexte afghan, qui est : « Acquérir, valider, et partager l’information tactique ». L’arme aérienne est productrice d’images et d’informations et est donc en mesure de faire de l’appui renseignement. Le partage de cette information assure l’accompagnement de la manœuvre aéroterrestre, en permettant la planification des missions et leur préparation. L’appui feu garantit ensuite une rapidité d’action et offre par conséquent une fiabilité des informations.

Intervention du lieutenant-colonel Bernard Granier, ancien chef de la coordination aérienne (J3 Air) pour le commandement de la région Capitale à Kaboul.

Le lieutenant-colonel Bernard Granier a centré ses propos sur le segment sol de la chaîne de l’appui aérien et a tenu à souligner qu’il existe une vraie spécificité française en la matière. Elle consiste à étoffer son dispositif en insérant un module CTA de contrôleurs tactique air (Tactical Air Controllers) auprès des groupements tactiques interarmes de l’armée de terre (GTIA). Le CTA peut être en place dans un détachement de liaison, observation et coordination (DLOC) et commande les équipes TACP (Tactical Air Party) déployés sur le terrain. Il est conseiller de l’armée des forces terrestres pour les appuis d’origine aérienne et participe aussi bien à la planification qu’à la conduite de l’appui aérien. L’ancien chef de la coordination aérienne pour la RCC à Kaboul a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une innovation qui s’appuie sur le RETEX des commandos parachutistes n° 10 (CPA 10), notamment lors de l’opération Arès. La création de CTA répond à une faiblesse du système précédent et comble un chaînon manquant. Elle garantit, jusqu’au GTIA, l’expertise nécessaire dans l’appui feu en général et l’appui aérien, en particulier. Le lieutenant-colonel Granier a souligné qu’un CTA avait été mis en place au mois de juillet 2008 dans le 1er GTIA de Kapisa. Il avait donné entière satisfaction et avait représenté une importante plus-value dans la conduite des opérations aériennes, aussi bien pour l’appui feu aérien que pour l’appui renseignement.

En Afghanistan, le mot d’ordre est : « Pas un pas sans un appui ». Le lieutenant-colonel a souligné les vecteurs aériens n’étaient pas seuls à pourvoir de l’appui aux forces. Ils doivent travailler en étroite collaboration avec toutes les autres formes d’appui, au premier rang desquels l’artillerie. Dans ces conditions, le facteur humain est essentiel dans la dynamique d’appui, et il doit exister une réelle collaboration entre le capitaine artilleur qui dirige le détachement de liaison artillerie et le capitaine commando de l’air, chef de l‘équipe CTA. En contrepartie, le CTA peut éviter certaines ambiguïtés interarmées dans la gestion des appuis.

Pour améliorer l’efficacité générale de le chaîne sol de l’appui aérien, le lieutenant-colonel Granier a mis en lumière deux défis à relever. Tout d’abord, celui de l’intégration du personnel Air et Terre. Ensuite, celui du matériel. Sur ce dernier point, les CTA, dont on exige de plus en plus de précision, ont besoin, pour assurer leur mission, d’un matériel dont la sophistication ne fait que croître, notamment en raison de la complexité des engagements. En particulier, ils requièrent des moyens lourds de transmission (dans tous les sens du terme) et des besoins significatifs en énergie.

Selon le lieutenant-colonel Bernard Granier : « Nous devons, en termes d’équipements, viser un matériel de plus en plus léger et de plus en plus efficace, ce qui représente un challenge pour les industriels (...) mais l’efficacité des frappes aériennes passera par cette phase ».

Intervention du lieutenant colonel Laurent Solda, ancien chef détachement transport Douchanbe.

Le lieutenant-colonel Laurent Solda a partagé son expérience et expertise du transport aérien militaire. Il a posé la problématique suivante : « Quelle est la mission des équipages de transport ? ». Depuis 2002 et suite aux événements du 11 septembre 2001, une des missions essentielles pour le transport aérien est d’engager et de soutenir les forces sur les théâtres d’opérations. Dans cet objectif et depuis fin 2007, son action s’est renforcée dans le soutien au plus près des forces pour répondre aux situations où la chaîne logistique standard ne peut plus être mise en œuvre. Pour illustrer ses propos, le lieutenant-colonel Solda a présenté le développement, par les forces françaises, d’une capacité de ravitaillement par largage jour/nuit à grande hauteur et grande précision d’atterrissage (moins de 500 mètres par rapport au point visé) basée sur une étude minutieuse des courants atmosphériques et des vents (grâce à une modélisation de Météo France), répondant aux besoins des forces terrestres engagées sur le théâtre. Le système est nommé LMTGH-OB (largage de matériel à très grande hauteur et ouverture basse) et est caractérisé par son coût très faible au regard des systèmes automatiques fonctionnant à partir du GPS, tout en offrant des performances comparables.

D’une façon générale et pour garantir les missions du transport aérien militaire, le lieutenant-colonel Solda milite pour différentes voies de progrès : l’entraînement des équipages pour les missions tactiques et l’adaptation technique des aéronefs engagés sur les théâtres.

Le lieutenant-colonel Solda a conclu son intervention en soulignant la nécessité de maintenir une capacité pérenne sur le théâtre afghan répondant aux besoins des forces terrestres. A juste titre, il reconnaît que cette capacité confère « une liberté d’action sans précédent sur un théâtre avec un haut niveau de menace qui est un bel exemple de coopération interarmées pour faire face aux besoins des forces engagées en Afghanistan ».

Clôture du colloque par le général d’armée aérienne Jean Paul Paloméros, chef d’état major de l’armée de l’air.

Le général d’armée aérienne Jean Paul Paloméros,  chef d’état major de l’armée de l’air. - 22.5 ko

Le général d’armée aérienne Jean Paul Paloméros, chef d’état major de l’armée de l’air.

Le général Jean-Paul Paloméros, chef d’état major de l’armée de l’air, a vivement remercié les intervenants, français et étrangers, pour les échanges très enrichissants dont ils ont fait bénéficier l’auditoire. Il a souligné, en les interpellant, que « c’est une nouvelle pierre que vous nous permettez d’apporter aux travaux que nous menons pour toujours mieux intégrer la puissance aérienne dans le traitement global du conflit afghan. Indéniablement, ce colloque aura servi !  ». Le général a porté une attention toute particulière à la présence du général Mohammad Dawran, qui constitue la première visite d’un chef d’état-major afghan en France. Le théâtre d’opérations afghan est un milieu complexe, que le général Paloméros a décrit comme étant « un environnement paradoxal, (...) au sens où l’ennemi est aussi difficile à discerner, à localiser que présent et dangereux, et pour lequel il ne peut être envisagé qu’un traitement global  ». Le fait aérien y joue un rôle des plus essentiels et précieux pour garantir la paix et la sécurité en Afghanistan. En effet, il y est multiplicateur de forces en raison de divers facteurs stratégiques dont il est à l’origine : l’absence de frontière physique et de sanctuaire pour l’adversaire, la capacité d’action rapide et décisive, une gamme étendue d’effets, la capacité de « distinction dans le chaos » grâce à la technologie et à la qualité d’équipages entraînés, la capacité de surveillance permanente du théâtre d’opérations, et enfin un rapport coût /efficacité remarquable.

Dans une logique d’approche globale de la crise, le général Paloméros a insisté sur ce qui constitue pour lui un souci permanent, à savoir l’aide au peuple afghan pour bâtir son avenir. Il a ainsi estimé déterminant le soutien aux jeunes forces aériennes afghanes car, selon lui «  une armée de l’air pérenne est un pas important vers la souveraineté retrouvée de l’Afghanistan  ».

Toutefois, le général a affirmé qu’il ne faut pas réduire le fait aérien en Afghanistan uniquement à sa partie militaire. Il a indiqué que «  le rétablissement de la paix civile et de la démocratie nécessite de la sécurité, bien entendu, mais aussi de pouvoir s’appuyer sur une économie saine » et que, dans ce contexte, « le fait aérien, c’est la participation active à la reconstruction et au développement économique ».

Le général a ensuite évoqué le besoin qu’ont les forces aériennes de s’appuyer sur une technologie et des moyens sophistiqués pour leur bon fonctionnement. Cet apport de la technologie ne permet pourtant pas d’éviter la mort d’hommes alors que, a-t-il indiqué, l’opinion publique est devenue peu résiliente au prix du sang. Dans ces conditions, il ne devient « plus possible, pour les forces armées, de négliger la portée médiatique des actions de guerre, sous peine de transformer les succès tactiques en défaites stratégiques ».

Enfin, le général Jean-Paul Paloméros a souligné le poids du facteur humain dans l’action aérienne et a indiqué que l’aviateur demeurait le socle du fait aérien. La guerre est avant tout menée par les Hommes et pour les Hommes. Le général a illustré son propos avec l’exemple des drones Harfang, qui nécessitent, dans leur mise en œuvre, autant de pilotes ou d’opérateurs que pour faire voler un nombre équivalent d’aéronefs traditionnels. Le général Paloméros a affirmé que « cette prééminence de l’Homme dans le fait aérien [fait que], depuis le début de notre engagement en Afghanistan, il y a maintenant huit ans, tous les métiers, du commando parachutiste tireur d’élite, à l’intercepteur de signaux électroniques, en passant par le pilote d’avion ravitailleur ou le sauveteur-plongeur, bref, toutes les spécialités de l’armée de l’Air ont été ou sont présentes au cœur théâtre ».

Le chef d’état-major a conclu en relevant l’importance de l’intégration du fait aérien au sein de l’action militaire globale, qui doit s’inscrire elle-même dans une action politique, économique et sociale cohérente. Il a posé certaines interrogations, notamment celles de la stabilisation de la situation, ainsi que la restauration future de la sécurité et la prospérité de l’Afghanistan. Le général Paloméros a terminé son allocution sur une note optimiste en disant que : « (...) après ce que j’ai entendu aujourd’hui, avec des hommes et des femmes passionnés, déterminés, je suis convaincu que le fait aérien, sous toutes ses formes, contribuera à ce progrès ».



























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